Carnet d'observation
Pinson des arbres : l'oiseau qui mange au sol
Le pinson des arbres se reconnaît à ses deux barres alaires blanches très visibles, présentes chez le mâle comme chez la femelle. Le mâle a la poitrine rosée et la calotte gris-bleu. Il ne niche pas en cavité : son nid est une coupe de mousse et de lichens posée dans une fourche. Il se nourrit surtout au sol, sous la mangeoire plutôt que dessus.
Les deux barres blanches, le critère décisif
Quel que soit le sexe ou l'âge, le pinson des arbres montre deux barres blanches nettes en travers de l'aile sombre, plus une bande blanche sur l'épaule. Ce motif reste visible au sol comme en vol, où l'oiseau semble clignoter de blanc. C'est le critère à retenir en priorité, bien avant les couleurs, qui varient beaucoup.
Le mâle en plumage nuptial est franchement coloré : calotte et nuque gris-bleu, face et poitrine rose-vineux, dos brun-roux et croupion verdâtre. En hiver, ces teintes sont voilées par des liserés ternes et l'oiseau paraît beaucoup plus sobre, ce qui surprend ceux qui ne le connaissent que de printemps.
La femelle est brun-gris uniforme dessus, beige clair dessous, sans rose ni bleu. On la confond couramment avec une femelle de moineau, mais le moineau n'a pas ces deux barres alaires franches et porte un sourcil clair marqué. Le pinson est aussi plus élancé, avec une queue plus longue et plus échancrée.
- Deux barres alaires blanches nettes, dans les deux sexes
- Mâle : calotte gris-bleu, poitrine rose-vineux
- Femelle : brun-gris terne, mais barres blanches présentes
- Silhouette plus élancée que le moineau
Un nicheur de branches, pas de cavités
Le nid du pinson est l'un des plus soignés de nos jardins : une coupe compacte de mousse et de radicelles, garnie de plumes, et surtout habillée à l'extérieur de lichens et de fragments d'écorce qui la rendent presque invisible. Elle est calée dans la fourche d'un arbre ou d'un grand arbuste, à hauteur variable.
Il ne niche donc jamais dans une cavité et n'occupera aucun nichoir, à trou rond comme semi-ouvert. Les requêtes du type nichoir pour pinson des arbres sont fréquentes, et la réponse honnête est qu'il n'existe pas de modèle adapté, parce que le besoin n'existe pas chez l'espèce.
Ce qui compte pour lui, c'est la présence d'arbres et de grands arbustes, et la disponibilité de matériaux de nid : mousses, lichens, fibres végétales, poils. Laisser une zone du jardin un peu sauvage, et éviter de nettoyer chaque brin de mousse au printemps, lui rend plus service que n'importe quel achat.
Le nourrir : la mangeoire commence au sol
Le pinson est granivore mais peu acrobate. Il ne se suspend pas volontiers à un silo tubulaire et ne s'accroche pas à un porte-boules. Sa méthode habituelle consiste à picorer au sol, en marchant à petits pas, et à récupérer les graines tombées sous les postes de nourrissage utilisés par les mésanges.
La solution est simple : proposez une surface plane. Une coupelle large posée au sol, un plateau bas ou une mangeoire à plateau accessible par le dessus lui conviennent parfaitement. Tournesol décortiqué, graines de taille moyenne et mélanges généralistes sont bien acceptés, à condition qu'ils ne restent pas humides.
Un point de vigilance : les aliments posés au sol se dégradent vite et attirent les rongeurs. Ne mettez que de petites quantités, retirez les restes en fin de journée par temps humide, et déplacez régulièrement le point de nourrissage au sol de quelques mètres pour ne pas concentrer les souillures au même endroit.
- Se nourrit surtout au sol, en marchant
- Plateau bas ou coupelle large plutôt que silo tubulaire
- Tournesol décortiqué et mélanges de taille moyenne
- Petites quantités, et déplacer le poste régulièrement
Son chant, une phrase qui dégringole
Le chant du pinson est l'un des plus faciles à retenir de tout le jardin : une série de notes rapides qui descendent en accélérant, terminée par une fioriture claquante et bien détachée. On le compare souvent à une phrase lancée d'un trait qui finit par un petit coup de fouet. Il s'entend surtout de février à juin.
Ce chant est répété inlassablement d'un même perchoir, souvent en hauteur et à découvert, ce qui facilite l'observation. Fait notable et bien documenté chez cette espèce, le chant présente des variantes régionales : deux pinsons de régions différentes ne terminent pas la phrase exactement de la même façon.
Le pinson émet aussi un cri d'appel bref, un pink métallique répété, que l'on entend toute l'année, et un cri de vol plus discret. Ce pink insistant est souvent le premier indice de sa présence dans un jardin où on ne l'avait pas encore repéré à vue.
Questions fréquentes
Existe-t-il un nichoir pour le pinson des arbres ?
Non. Le pinson construit une coupe de mousse et de lichens dans la fourche d'un arbre ou d'un grand arbuste, et ne recherche jamais de cavité. Aucun nichoir, fermé ou semi-ouvert, ne correspond à sa biologie. Pour l'accueillir, gardez des arbres et arbustes, et laissez de la mousse disponible au printemps.
Pourquoi le pinson mange-t-il par terre ?
Parce que c'est sa technique naturelle : il picore les graines tombées au sol en marchant, sans se suspendre. Il n'a pas l'agilité des mésanges et les perchoirs courts des silos tubulaires ne lui conviennent pas. Proposez-lui un plateau bas ou une coupelle large, en petites quantités renouvelées, pour éviter les moisissures.
Comment distinguer un pinson d'un moineau ?
Cherchez les deux barres blanches franches sur l'aile : le pinson les a, le moineau non. Le pinson est aussi plus élancé, avec une queue plus longue et échancrée, et le mâle montre une calotte gris-bleu et une poitrine rosée. La femelle de moineau, elle, se reconnaît à son sourcil clair bien marqué.
Voit-on des pinsons toute l'année au jardin ?
Oui dans une grande partie de la France, avec des effectifs qui varient selon la saison : des oiseaux venus du nord de l'Europe hivernent chez nous et grossissent les groupes hivernaux. En hiver, on observe souvent des bandes au sol, parfois mêlées à d'autres granivores, sous les points de nourrissage.