Carnet d'observation
Chauves-souris au jardin : les connaître, les loger
Les chauves-souris sont des mammifères, pas des oiseaux, et toutes les espèces présentes en France sont protégées. Autour des maisons, la pipistrelle commune est la plus fréquente. Leur gîte n'a pas de trou d'envol rond mais une fente d'entrée de quinze à vingt millimètres par le dessous, à poser haut, en plein soleil, avec un accès dégagé.
Qui vit autour des maisons françaises
La pipistrelle commune est de loin la plus rencontrée en milieu bâti. Minuscule, elle tient dans une main, sort peu après le coucher du soleil et chasse en vol rapide et saccadé le long des haies, autour des lampadaires et au-dessus des points d'eau. C'est presque toujours elle que l'on voit tourner au-dessus d'un jardin en été.
D'autres espèces fréquentent les bâtiments et les arbres creux : sérotines, oreillards, murins, chacune avec ses exigences. L'identification précise d'une chauve-souris en vol est très difficile et repose en général sur l'analyse de leurs cris par des appareils spécialisés. Il n'y a aucune honte à noter simplement chauve-souris dans son carnet.
Ce sont des mammifères, et cela change tout par rapport aux oiseaux : pas de nid, pas de ponte, un seul jeune par an chez la plupart des espèces européennes, allaité par sa mère. Cette faible fécondité explique que les colonies mettent longtemps à se reconstituer après une perturbation.
- Pipistrelle commune : la plus fréquente autour des maisons
- Sortie au crépuscule, vol rapide et saccadé
- Mammifères : un seul jeune par an chez la plupart des espèces
- Identification fine réservée aux spécialistes
Ce qu'elles mangent, et ce qu'elles vous apportent
Les chauves-souris de France sont insectivores. Elles capturent en vol moustiques, moucherons, papillons de nuit et autres insectes, repérés par écholocation, c'est-à-dire par l'émission d'ultrasons dont elles écoutent l'écho. Une soirée de chasse représente un grand nombre de proies pour un animal de quelques grammes.
Elles n'ont donc rien à faire d'une mangeoire, et il n'existe aucun aliment à leur proposer. Ce qui les attire dans un jardin, ce sont les insectes, donc une végétation variée, des plantes à floraison nocturne, un point d'eau, et surtout l'absence d'insecticides qui font disparaître leur ressource.
L'éclairage extérieur joue un rôle sous-estimé. Un jardin trop éclairé la nuit gêne les espèces les plus lucifuges et perturbe les sorties de gîte. Réduire l'éclairage, l'orienter vers le bas, le minuter ou l'éteindre pendant la belle saison est un geste concret, gratuit, et immédiatement efficace.
Le gîte à chauves-souris n'est pas un nichoir
Un gîte à chauves-souris ne comporte pas de trou d'envol rond. L'entrée est une fente horizontale ménagée sous le caisson, d'environ quinze à vingt millimètres d'épaisseur, par laquelle l'animal se glisse en arrivant par le dessous. L'intérieur est en bois brut rainuré ou strié, pour offrir une prise aux griffes.
Le bois doit être non traité à l'intérieur, sans vernis ni produit de préservation, dont les émanations sont mal supportées dans un espace confiné. Le caisson doit être étanche par le haut, sans courant d'air traversant, et disposer d'un volume suffisant pour que les animaux puissent se serrer les uns contre les autres.
L'exposition est l'inverse de celle d'un nichoir à mésanges : les chauves-souris recherchent la chaleur, et le gîte se pose plein sud ou sud-est, en plein soleil, sur une façade ou un tronc dégagé. Comptez trois à cinq mètres de hauteur au minimum, avec une chute libre devant l'entrée, sans branche ni obstacle.
- Entrée en fente de 15 à 20 mm par le dessous
- Bois brut rainuré à l'intérieur, non traité
- Exposition plein sud ou sud-est, en plein soleil
- Hauteur de 3 à 5 m minimum, envol dégagé
Patience : l'occupation peut prendre des années
Contrairement à un nichoir à mésanges, souvent occupé dès la première saison, un gîte à chauves-souris peut rester vide un an, deux ans ou davantage avant d'être découvert. Les colonies sont fidèles à leurs gîtes traditionnels et ne changent pas facilement. Ce délai n'est pas un signe d'échec, c'est le fonctionnement normal.
Vous pouvez augmenter vos chances en posant deux ou trois gîtes sur des expositions légèrement différentes, ce qui permet aux animaux de choisir selon la température. Ne les déplacez pas d'une saison à l'autre : la stabilité compte davantage que l'optimisation du placement.
Ne les ouvrez jamais pour vérifier. Les chauves-souris sont extrêmement sensibles au dérangement, notamment pendant l'élevage des jeunes en été et pendant l'hibernation en hiver. Un indice fiable et non intrusif existe : la présence de petites crottes sèches au pied du gîte, granuleuses et friables entre les doigts.
Ce que dit la loi, et qui appeler
Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France sont protégées, et cette protection s'étend à leurs gîtes. Il est interdit de les tuer, de les capturer, de les déranger intentionnellement et de détruire ou d'obturer leurs sites de repos et de reproduction. Cela vaut pour une colonie installée dans des combles ou derrière un volet.
Si une colonie occupe votre bâtiment et que la cohabitation pose problème, ne bouchez pas l'accès vous-même : vous risqueriez d'enfermer les animaux. Le réseau SOS Chauves-souris, animé par des associations naturalistes, existe précisément pour ces situations et oriente vers des solutions compatibles avec la réglementation.
Si vous trouvez une chauve-souris au sol, blessée ou apparemment affaiblie, ne la manipulez jamais à mains nues. Utilisez des gants épais, placez-la dans une boîte percée avec un linge, dans le noir et au calme, et contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou le réseau local sans attendre.
Questions fréquentes
Quelle taille de fente pour un gîte à chauves-souris ?
Une fente d'entrée horizontale d'environ quinze à vingt millimètres, ménagée sous le caisson, par laquelle l'animal se glisse en arrivant par le dessous. Il n'y a jamais de trou d'envol rond sur un gîte à chauves-souris. L'intérieur doit être en bois brut rainuré, non traité, pour que les griffes trouvent prise.
Où placer un gîte à chauves-souris ?
Plein sud ou sud-est, en plein soleil, à trois à cinq mètres de hauteur au minimum, sur une façade ou un tronc bien dégagé. Contrairement aux nichoirs à oiseaux, les chauves-souris recherchent la chaleur. L'espace devant l'entrée doit être libre de branches, l'animal ayant besoin d'une chute libre pour s'envoler.
Combien de temps avant qu'un gîte soit occupé ?
Souvent plusieurs saisons. Les colonies sont fidèles à leurs gîtes traditionnels et découvrent lentement les nouveaux abris. Un gîte vide après un an n'est pas un échec. Posez-en deux ou trois à des expositions un peu différentes, laissez-les en place sans les déplacer, et surveillez l'apparition de crottes sèches au pied.
Une chauve-souris est entrée chez moi, que faire ?
Éteignez la lumière, ouvrez grand une fenêtre et laissez la pièce au calme : dans la plupart des cas, l'animal ressort seul. Ne le manipulez pas à mains nues. Si la situation persiste, ou si une colonie occupe vos combles, contactez le réseau SOS Chauves-souris ou une association naturaliste locale plutôt que d'obturer l'accès.