Carnet d'observation
Sittelle torchepot : l'oiseau qui descend les troncs
La sittelle torchepot se reconnaît à son dos bleu-gris, son ventre roux et le large bandeau noir qui traverse son œil. C'est le seul oiseau du jardin qui descend un tronc la tête en bas. Elle niche en cavité et accepte un nichoir à trou d'envol de 32 millimètres, dont elle rétrécit souvent l'entrée avec de la boue.
Une silhouette qui n'appartient qu'à elle
Le dessus est bleu-gris uni, le dessous chamois à roux, plus intense sur les flancs, et un large bandeau noir part du bec, traverse l'œil et se prolonge sur le côté du cou. La gorge est blanche. L'ensemble donne un oiseau trapu d'environ quatorze centimètres, sans cou apparent, avec un bec droit et fort.
La queue est courte, ce qui la distingue immédiatement du grimpereau ou du pic, qui s'appuient sur leur queue pour grimper. La sittelle, elle, ne prend appui que sur ses pattes, et c'est précisément ce qui lui permet de circuler dans tous les sens sur un tronc, y compris tête en bas.
Mâle et femelle sont très semblables, le mâle ayant les flancs d'un roux un peu plus soutenu. Ce n'est pas un critère de terrain fiable pour un observateur occasionnel, et il n'est pas nécessaire de trancher : noter sittelle torchepot suffit très bien dans un carnet d'observations de jardin.
- Dos bleu-gris, ventre roux, bandeau noir sur l'œil
- Queue courte, contrairement au pic et au grimpereau
- Environ 14 cm, silhouette trapue sans cou
- Descend les troncs la tête la première
Pourquoi on l'appelle torchepot
Le nom vient d'un comportement unique parmi les oiseaux de nos jardins : la sittelle maçonne. Lorsqu'elle s'installe dans une cavité dont l'entrée lui paraît trop large, elle la rétrécit avec de la boue mêlée de salive, appliquée par petites touches, jusqu'à obtenir un orifice tout juste à sa taille. Le résultat durcit et devient très solide.
Ce travail a un objectif clair : interdire l'accès aux concurrents et aux prédateurs plus gros, étourneau en tête. Elle colmate au passage les fissures de la cavité, et il n'est pas rare de retrouver un nichoir dont tout le pourtour du trou a été retouché, ainsi que les jointures de la façade.
Il ne faut surtout pas casser ce travail. Un propriétaire de nichoir qui trouve le trou à moitié bouché a parfois le réflexe de le dégager : c'est une erreur. Le rétrécissement fait partie de l'installation, il est volontaire, et le supprimer expose la nichée. On observe, on note, et on laisse faire.
Le nichoir et la mangeoire qui lui conviennent
Un nichoir fermé classique à trou d'envol de 32 millimètres lui convient, c'est le même calibre que pour la mésange charbonnière et le moineau. Elle ajustera elle-même l'ouverture si elle la juge trop large. Fixez-le sur un tronc d'arbre mature ou un mur proche d'arbres, entre deux et cinq mètres de hauteur.
L'environnement compte plus que le modèle. La sittelle est liée aux arbres à écorce épaisse, chênes, hêtres, grands fruitiers, où elle trouve insectes et fissures. Un jardin sans arbre mature ne l'accueillera pas durablement, même avec le meilleur nichoir : ce n'est pas une espèce de balcon ni de lotissement neuf.
À la mangeoire, elle est facile à reconnaître par sa méthode. Elle arrive de face, saisit une grosse graine ou une cacahuète, repart aussitôt vers un tronc, coince sa prise dans une fente d'écorce et la martèle à coups de bec. Elle stocke aussi des graines dans des anfractuosités pour plus tard.
- Trou d'envol de 32 mm, qu'elle rétrécira au besoin
- Pose sur tronc mature, entre 2 et 5 m
- Nécessite des arbres à écorce épaisse à proximité
- Emporte les grosses graines et les cale dans l'écorce
Quand et où l'observer
La sittelle est sédentaire et visible toute l'année sur le même secteur. Elle se manifeste d'abord à la voix : un sifflement clair et puissant, répété, souvent transcrit par des séries de tuit tuit tuit qui portent loin. En fin d'hiver et au printemps, ces séries se font insistantes et trahissent un couple cantonné.
Cherchez-la sur les troncs et les grosses branches plutôt que dans le feuillage fin. Le meilleur moment est le matin, quand elle parcourt méthodiquement les arbres de son territoire. À la mangeoire, elle apparaît souvent brièvement, plusieurs fois par heure, sans jamais s'y attarder comme le fait un verdier.
En hiver, elle rejoint volontiers les rondes mixtes de mésanges qui traversent un jardin, ce qui offre une belle occasion de comparer les espèces en quelques minutes. Un point d'eau peu profond, placé près d'un arbre, la fait descendre régulièrement et permet des observations plus longues qu'à la mangeoire.
Questions fréquentes
Quel diamètre de trou pour un nichoir à sittelle ?
32 millimètres. C'est le calibre standard qu'elle partage avec la mésange charbonnière et le moineau domestique. Si l'ouverture lui semble trop large, elle la rétrécira elle-même avec de la boue. Un trou plus petit, de 26 à 28 millimètres, ne lui permet pas de passer et réserve le nichoir aux petites mésanges.
Pourquoi le trou de mon nichoir est-il à moitié bouché ?
Une sittelle torchepot s'y est probablement installée. Elle maçonne l'entrée avec de la boue mêlée de salive pour l'ajuster à sa taille et interdire l'accès aux concurrents plus gros. Ne cassez surtout pas ce travail : il fait partie de sa nidification et le retirer exposerait la couvée aux prédateurs et à l'étourneau.
Comment distinguer la sittelle du grimpereau ?
Par la couleur et le sens de déplacement. La sittelle est bleu-gris dessus, rousse dessous, avec un bandeau noir et un bec droit ; elle descend les troncs la tête en bas. Le grimpereau est brun tacheté, blanc dessous, avec un bec fin et courbe ; il monte toujours en spirale et ne descend jamais.
Peut-on attirer une sittelle dans un jardin de ville ?
Seulement si des arbres matures sont présents à proximité, dans le jardin ou dans le quartier. La sittelle dépend de troncs à écorce épaisse pour se nourrir et de cavités pour nicher. Sans arbres âgés dans les environs, ni nichoir ni mangeoire ne suffiront à l'installer durablement, même si un individu passe occasionnellement.