Carnet d'observation
Pigeons et étourneaux : garder la mangeoire aux petits
Pour réserver la mangeoire aux petits passereaux, passez à des formats sélectifs : silo à perchoirs très courts, mangeoire entourée d'une cage à mailles de quelques centimètres, distributeur de nyjer à orifices étroits. Supprimez en parallèle tout nourrissage au sol et les plateaux ouverts larges, qui sont la principale porte d'entrée des gros oiseaux.
Poser le problème correctement
Pigeons ramiers, tourterelles turques, étourneaux sansonnets et corvidés ne sont pas des indésirables en soi : ce sont des oiseaux sauvages qui exploitent une ressource offerte. Le problème est quantitatif. Un groupe d'étourneaux vide une mangeoire en une heure et les petits passereaux n'ont plus accès au poste.
En ville, la question prend une dimension supplémentaire. Le nourrissage des pigeons sur l'espace public est interdit par arrêté municipal dans de nombreuses communes, et un balcon qui devient un point de rassemblement crée rapidement un conflit de voisinage et une difficulté sanitaire.
L'objectif raisonnable n'est donc pas d'exclure ces espèces du jardin, mais de rendre la mangeoire techniquement inaccessible aux plus gros, tout en gardant un accès facile pour les mésanges et les autres petits oiseaux. Cette approche évite aussi les fausses solutions, qui consistent à s'en prendre à des oiseaux sauvages.
Les formats qui sélectionnent naturellement
Le premier levier est le perchoir. Un silo à perchoirs très courts, de deux ou trois centimètres, convient parfaitement à une mésange qui s'y agrippe, et n'offre aucune prise stable à un pigeon ou à une tourterelle. Supprimez à l'inverse les longs barreaux transversaux, qui servent de reposoir aux gros oiseaux.
Le second levier est la cage. Un grillage à mailles de trois à cinq centimètres entourant le corps de la mangeoire laisse passer mésanges, moineaux et chardonnerets, et arrête tout ce qui est plus gros. Vérifiez que la cage est assez écartée du corps pour qu'aucun bec ne puisse atteindre les graines à travers.
Le troisième levier est le calibre de la nourriture. Un distributeur de nyjer, avec ses orifices très étroits, ne concerne que les chardonnerets et les tarins. Les cages à boules de graisse fermées jouent le même rôle sélectif pour les grimpeurs.
- Perchoirs courts, jamais de barreau transversal long.
- Cage grillagée à mailles de 3 à 5 cm, écartée du corps.
- Distributeur de nyjer à orifices étroits.
- Porte-boules en cage plutôt qu'à crochet libre.
- Toit large, qui empêche l'accès par le dessus.
Supprimer ce qui les attire
Le nourrissage au sol est la première cause d'installation des pigeons et des tourterelles. Un plateau posé à terre, ou simplement les chutes accumulées sous une mangeoire, constituent exactement le mode d'alimentation de ces espèces. Ratissez régulièrement, et si le problème persiste, installez un plateau de récupération sous la mangeoire.
Les grands plateaux ouverts suspendus sont la deuxième porte d'entrée. Ils sont pratiques et attirent beaucoup d'espèces, y compris celles que vous voulez voir, mais ils n'offrent aucune sélectivité. Sur un jardin sous pression, mieux vaut les retirer temporairement le temps que le groupe se disperse.
Le choix des graines joue aussi. Le blé, le maïs concassé et les mélanges bon marché riches en céréales attirent massivement pigeons, tourterelles et corvidés. Un tournesol noir ou des graines décortiquées de petit calibre orientent la fréquentation vers les passereaux.
Le cas de l'étourneau
L'étourneau sansonnet pose un problème particulier parce qu'il arrive en groupe et qu'il est très agile : il accède à des dispositifs qui arrêtent un pigeon. Contre lui, la cage grillagée reste la solution la plus fiable, avec une maille dimensionnée en conséquence, plus fine que pour les seuls pigeons.
Les boules de graisse à crochet libre sont sa cible favorite. Un porte-boules en cage fermée, dont le grillage oblige à picorer à travers les mailles, réduit fortement la consommation par les groupes tout en restant parfaitement accessible aux mésanges.
Notez que l'étourneau est en déclin marqué dans une partie de son aire européenne, et qu'il figure parmi les espèces suivies avec attention. Le gêner sur une mangeoire est légitime, mais toute méthode qui lui nuirait ne l'est pas. L'exclusion physique par le format reste donc la seule voie acceptable, comme pour les écureuils.
Répartir plutôt que concentrer
Une stratégie efficace consiste à multiplier les petits postes sélectifs plutôt que d'entretenir une grande mangeoire centrale. Trois silos à perchoirs courts, répartis dans le jardin et remplis modérément, sont beaucoup moins attractifs pour un groupe d'étourneaux qu'un plateau abondant à un seul endroit.
Adaptez enfin les horaires. Remplir en petites quantités, en fin d'après-midi plutôt qu'au petit matin, décale l'accès en faveur des espèces sédentaires qui fréquentent le jardin en continu, alors que les groupes de gros oiseaux passent souvent en tournée matinale.
Questions fréquentes
Comment éviter que les pigeons vident la mangeoire ?
Supprimez le nourrissage au sol et les grands plateaux ouverts, qui correspondent à leur mode d'alimentation, et passez à un silo à perchoirs très courts ou à une mangeoire entourée d'une cage grillagée. Évitez aussi les mélanges riches en blé et en maïs, qui les attirent particulièrement.
Existe-t-il une mangeoire uniquement pour les mésanges ?
Aucune n'est strictement exclusive, mais deux formats s'en approchent : la mangeoire entourée d'une cage à mailles de trois à cinq centimètres, et le silo à perchoirs très courts. Les deux laissent passer mésanges, moineaux et chardonnerets, et écartent pigeons, tourterelles, étourneaux et corvidés.
Que faire contre un groupe d'étourneaux ?
La cage grillagée est la réponse la plus fiable, avec une maille assez fine, et le porte-boules en cage fermée plutôt qu'un crochet libre. Réduisez les quantités distribuées et répartissez plusieurs petits postes : un groupe se disperse mal sur des ressources fractionnées.
Est-il interdit de nourrir les pigeons ?
Sur l'espace public, de nombreuses communes l'interdisent par arrêté municipal, et les règlements sanitaires départementaux visent le nourrissage créant une nuisance ou attirant les rongeurs. En copropriété, le règlement interdit fréquemment le nourrissage depuis les balcons et les fenêtres. Vérifiez avant d'installer un poste en façade.